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Linewatch, entre le Mexique et les Etats-Unis Depuis la mise en place de l'opération Gatekeeper initiée en 1994 en Californie, la ligne de partage entre le Mexique et les Etats-Unis se déploie brutalement par un dispositif de sécurité sur-visible qui trouve son argument officiel dans la volonté de dissuader les migrants "illégaux" de passer vers les Etats-Unis. La militarisation de la frontière a déplacé les passages traditionnels vers des régions plus hostiles, montagneuses ou désertiques. En 10 ans, plus de 3000 personnes sont mortes dans la traversée. Les points de passages non autorisés ont été la raison du parcours suivi dans et autour de la frontière. A l'extrémité ouest de la ligne : la plage. Un mur métallique s'enfonce dans les flots du Pacifique. Il prend différents noms : la linea, la malla, el bordo, la lamina, la cerca. La barrière file vers le canon de matadero, puis se dédouble au cour de la ville de Tijuana. Par ses fractures, le dispositif frontalier transforme la morphologie de la terre ; les jeux d'ombres et de lumieres mettent en scene les corps et surexposent le moment ou les migrants franchissent la barrière. Au Mexique, le mur tente de contenir le passage et retient le regard. De l'autre côté, adossées a la barriere, les maisons s'alignent, sensiblement identiques les unes aux autres. Elles incarnent le désir des Etats-Unis. A l'extérieur des zones urbaines,
le mur disparaît quelque part dans les montagnes, réapparaît quand
la terre se fait plaine, se perd a nouveau dans le désert. Ces brèches
dans le dispositif de sécurité sont autant de passages possibles pour
ceux qui sont nommés les illegal aliens. (cf. Série
El Cerro) |









